Rouler à vélo l'hiver dans les Pyrénées : s'habiller, s'éclairer, choisir sa route

Les géants ferment, mais la saison ne s'arrête pas : les cols du piémont restent ouverts presque tout l'hiver, les routes sont vides et la lumière rasante de décembre vaut bien celle de juillet. Ce qui change, c'est la marge d'erreur. Trois choses comptent : rester au chaud sans tremper, être vu, et savoir où rouler.

S'habiller : trois couches, pas une de plus

Le piège de l'hiver n'est pas le froid, c'est la transpiration : on monte en sueur, on redescend trempé, et c'est là qu'on gèle. Le système qui marche tient en trois couches :

La règle simple : avoir un peu froid les dix premières minutes. Si tu es bien au chaud en sortant de chez toi, tu auras trop chaud au pied du premier col.

Les extrémités, là où l'hiver se joue

Le torse se réchauffe tout seul en pédalant, les mains et les pieds non. C'est par eux qu'une sortie devient un calvaire :

Quelle tenue pour quelle température ?

Ces seuils valent au point le plus haut de la sortie, pas devant ta porte : l'air perd environ 0,6 °C tous les 100 m, donc un sommet 800 m au-dessus de la vallée y est souvent 5 °C plus froid. La météo du sommet est sur chaque fiche col.

La descente : le vrai froid

En montée, tu produis de la chaleur ; en descente, tu n'en produis plus et le vent te l'arrache. À 5 °C, descendre à 50 km/h, c'est l'effet d'un air autour de -1 °C sur la peau. Avant de basculer : ferme la veste, enfile les gros gants, remonte le tour de cou, et si tu as transpiré, change de couche au sommet (un maillot sec dans la poche arrière, c'est 150 g qui changent tout). Descends plus doucement qu'en été : les doigts engourdis freinent moins bien.

L'éclairage : ce que dit la loi

Dès que la nuit tombe ou que la visibilité baisse (brouillard, pluie, tunnel), le code de la route impose sur un vélo :

  1. un feu avant blanc ou jaune et un feu arrière rouge ;
  2. des catadioptres : rouge à l'arrière, blanc à l'avant, orange sur les roues et sur les pédales ;
  3. hors agglomération, un gilet rétroréfléchissant (le gilet jaune) porté par le cycliste.

Et un casque bien sûr, même si la loi ne l'impose qu'aux moins de 12 ans.

L'éclairage : ce qui te protège vraiment

La loi fixe le minimum. Pour rouler l'hiver, mieux vaut viser plus :

Et regarde l'heure du coucher du soleil : vers 17 h 30 à Pau en décembre. Une crevaison à 16 h 30 au sommet d'un col, et tu redescends à la nuit.

Verglas, sel et gravillons

Le danger numéro un de l'hiver, c'est la plaque de verglas qu'on ne voit pas :

Côté matériel : des pneus de 28 à 32 mm un peu moins gonflés que l'été accrochent mieux sur une route froide et humide, et des garde-boue t'épargnent le jet d'eau glacée dans le dos.

Où rouler en hiver ?

Les grands cols sont fermés de novembre à mai, et une route fermée l'est pour de bon : neige, chutes de pierres et avalanches, même quand le bas paraît sec. Restent les cols du piémont, ouverts presque toute l'année :

Avant de partir, regarde l'état de la route sur la fiche du col et les « Dernières infos route » de la carte : les inforoutes y signalent fermetures et routes enneigées. Et si le calendrier du déneigement te démange déjà, c'est bon signe : le printemps se prépare l'hiver.

Manger et boire, même sans soif

Le froid coupe la soif, pas les besoins : on perd autant d'eau qu'en été, par la respiration et sous les couches. Bois toutes les 20 minutes, et pense au thermos de thé chaud dans le porte-bidon. Le corps brûle aussi plus d'énergie à se réchauffer : mange régulièrement, avant d'avoir faim. Et garde de quoi réparer : changer une chambre à air avec des doigts gelés prend deux fois plus de temps, raison de plus pour partir tôt et rentrer avant la nuit.